Projet de mesure de compensation sur la ZAC Mitra à Saint-Gilles (30)

En avril 2025, en collaboration avec La ZAT Nîmes Métropole et Rural Concept, nous avons réalisés un projet de mesure de compensation sur la commune de Saint-Gilles.

Cette mesure de compensation est composée de trois parties distinctes et complémentaires pour contribuer au maintien et à la diversité de la faune locale. Le déclin des espèces étant en grande partie lié à la disparition de leur habitat.

Amoureux du vivant, nous sommes toujours très impliqués pour trouver des solutions qui permettront de préserver la biodiversité des lieux sur lesquels nous intervenons.

Les mares sont des écosystèmes d’une grande richesse. Elles assument des fonctions importantes, aussi bien en termes de biodiversité que de cycle de l’eau. Ainsi, la création d’une mare est une mesure de compensation bénéfique pour les amphibiens comme pour la faune avicole.

Les mares, sources de nourriture pour la faune insectivore

Les mares accueillent une grande quantité d’invertébrés, qui vont permettre l’alimentation de nombreux animaux insectivores présents sur les parcelles de compensation. Elles génèrent également une grande diversité végétale.

Les mares sont indispensables au maintien des populations d’amphibiens

La région nîmoise abrite plusieurs espèces d’amphibiens (voir encadré ci-dessous), tous protégés. Utiles à nos écosystèmes, ils se nourrissent de petits invertébrés (insectes, mille-pattes, araignées). Les mares vont favoriser la reproduction et le développement des amphibiens en leur offrant des points d’eau durant leur période de reproduction, qui s’étend de décembre à avril. L’assèchement naturel de ces mares temporaires évitera l’invasion de poissons, plus adaptés aux étangs car prédateurs des oeufs et larves d’amphibiens.

mesure de compensation (mare temporaire)

Comment créer une mare ?

mare en construction

Une mare doit respecter certains principes de construction. Les deux mares créées occupent chacune une surface 30m2 avec une pente comprise entre 15 et 25%. Elles sont composées de terre végétale compactée sur 10 cm pour fond de forme afin d’éviter les infiltrations dues aux pierres du terrain. Nous avons ajouté une fine de lavage (produit argileux étanche) compactée sur 25 cm puis de la terre argileuse compactée sur 25 cm. Des pierriers sont placés sur les bordures des mares afin de servir d’abris pour la faune, notamment les amphibiens, et d’offrir également des cachettes à quelques espèces de reptiles.


Le lézard ocellé (Timon lepidus) et la couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus) sont deux espèces locales protégées. Il est important de leur fournir des gîtes lorsque nous empiétons sur leur habitat.

La mesure de compensation prévoyait un total de 11 gîtes pour les reptiles. On parle aussi d’ « immeubles » à reptiles. Il s’agît de pierriers de quelques mètres carrés ayant une bonne exposition au soleil. On installe des roches et des pierres qui accueilleront les espèces toute ou partie l’année, pour servir de zone de reproduction et d’hibernation.

immeuble à reptiles
pierrier pour abriter les reptiles
hérisson


Les hérissons souffrent aussi de la destruction de leur habitat. La mesure de compensation du projet de la commune de Saint-Gilles visait à leur offrir 10 cabanes.

Les cabanes sont réalisées en bois contreplaqué marine afin d’offrir une bonne étanchéité. Elles sont bien surélevées sur pied, pour une meilleure durabilité, et sont recouvertes de branchages et feuilles trouvés sur le terrain où le hérisson peut se faufiler.

Installées en milieu forestier, en bord de lisière ou en milieu ouvert, idéalement à l’abri du vent, elles feront un gîte idéal pour la reproduction et l’hibernation.

branchages
gîte à hérissons
cachette pour les hérissons

Les amphibiens et reptiles, amis de nos jardins cévenols

Le crapaud calamite (Epidalea calamita) est reconnaissable à sa ligne dorsale jaune ou claire et à sa pupille horizontale. Mesurant de 8 à 10 cm, ce crapaud a la faculté de se déplacer très rapidement sur le sol.

Au printemps-été, il émet un joli chant de grillon.

crapaud calamite
crapaud calamite – © F. Serre Collet / INPN

Le crapaud épineux (Bufo spinosus) est plus gros que le crapaud calamite. Il mesure de 10cm (mâles) à 15cm (femelles).

Si sa pupille est également horizontale, l’iris est doré, cuivré mais peut aussi prendre une couleur rougeâtre qui permet de l’identifier facilement.

crapaud épineux
crapaud épineux – © F. Serre Collet / INPN

Le pelodyte ponctué (Pelodytes punctatus) est un petit crapaud (moins de 5cm) ponctué de tâches vertes, à la silhouette élégante et au museau tout arrondi. Sa pupille est verticale.

Son chant (mars-avril) évoque deux boules de pétanque qui s’entrechoquent.

pelodyte ponctué
pelodyte ponctué – © F. Serre Collet / INPN
triton palmé
triton palmé – © J.-C. de Massary / INPN

Le triton palmé (Lissotriton helveticus) n’excède pas 10cm. Les mâles sont identifiables à leurs pattes arrière palmées.

Il se nourrit de larves d’insectes et de petits crustacés.

lézard ocellé
lézard ocellé – © F. Serre Collet / INPN

Le lézard ocellé (Timon lepidus) est un grand lézard qui peut atteindre 75cm.

De couleur verte, il est reconnaissable à ses flancs marqués de bleu, il aime les endroits secs.

Insectes, coléoptères, araignées, limaces, fruits : sa nourriture est variée.

couleuvre de Montpellier
couleuvre de Montpellier – © F. Serre Collet / INPN

Inoffensive, la couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus) est un grand serpent dont les plus grands spécimens peuvent atteindre 2m.

Les mâles varient du gris clair au gris foncé, et les femelles sont marron. Sa pupille est ronde, et sa nourriture se compose de lézards et de rongeurs.